S'exprimer dans un français correct, maîtriser les subtilités de la langue de Molière et être à l'aise à l'oral comme à l'écrit n'est pas simple. Cela demande des efforts et du temps. Cette année, Léo va devoir travailler pour le bac de français, alors j'ai décidé de lui faire des petits clins d'oeil. Un billet par jour si j'arrive à tenir le rythme.
J'essaierai de donner des explications concises, des exemples, de rappeler des règles essentielles, sans que cela devienne le bagne. On va se rafraîchir la mémoire et/ou combler des lacunes, en travaillant la grammaire, l'orthographe, le lexique, les accords, la conjugaison, les pluriels un peu bizarres, les homonymes, les antonymes, les figures de style, les synonymes, les constructions, la ponctuation, les dialogues, les expressions, les pièges, les moyens mnémotechniques, la poésie, les biographies des auteurs, etc. Cela en évitant l'indigestion, la panique, et en quelques minutes par jour seulement. Le tout dans la bonne humeur ! :-)
Je ne pourrai pas m'empêcher de rajouter quelques éléments de culture générale par-ci par-là. Et de terminer chaque billet par un truc qui détend, une sorte de réconfort après l'effort :-)
Allez, c'est parti ! C'est pour tout le monde, enfin qui veut quoi...
* Ne pas confondre un hors-la-loi (celui qui vit en dehors des lois, un bandit), nom masculin invariable qui s'écrit avec deux traits d'union, ET l'expression être hors la loi, qui s'écrit sans traits d'union.
* Fou, fol. Devant un nom masculin singulier commençant par une voyelle ou un h muet, fol s'emploie pour fou : un fol appétit, un fol héroïsme, un fol espoir MAIS un espoir fou. Du latin follis : sac gonflé d'air.
* Un marchepied : s'écrit sans trait d'union. Marche ou série de marches qui permet l'accès à un train, à une voiture, ... ; sorte d'escabeau à deux ou trois marches ; chemin situé sur la rive opposée au chemin de halage permettant la circulation des chevaux ou des piétons ; au sens figuré : moyen de réaliser ses ambitions ; aux Antilles : paillasson.
* Un ananas : l's ne se prononce pas (a-na-na).
* Un escroc : n'a pas de féminin et le c final ne se prononce pas. Cette femme est un escroc (une voleuse).
* Une saynète (et pas scénette) : petite pièce légère en un acte.
* trembloter (un t) et grelotter (2 t).
Molière (Jean-Baptiste Poquelin ; 1622-1673, 17e siècle donc - meuh non j'te prends pas pour une truffe !) : acteur, dramaturge, metteur en scène, directeur de troupe, il est un homme de théâtre complet... et un auteur comique. Si si !
Il fonde l'Illustre-Théâtre avec une famille de comédiens, les Béjart, mais ses tragédies sont des échecs et ils font faillite. Le succès viendra ensuite, avec d'autres troupes. Il sera adulé, mais aussi détesté. Il entend "corriger les moeurs par le rire", ça ne plaît pas toujours...
Avec Jean-Baptiste Lully - compositeur qui domina l'ensemble de la vie musicale à l'époque du Roi-Soleil, il crée la comédie-ballet. Lully sera l'un de ses rivaux auprès du roi et ils s'engueuleront copieusement (ouais ben tu le mets en français correct et puis c'est tout :-))
Certaines des oeuvres de Molière font scandale et sont accusées d'être blasphématoires* ou de s'attaquer à des sujets trop graves comme l'éducation morale et religieuse des femmes (pfff), d'autres sont des triomphes. Il a la protection de Louis XIV.
Ironie du sort, c'est pendant une représentation du Malade imaginaire que Molière - atteint de pneumonie, fait un malaise. Il meurt chez lui quelques heures plus tard (et pas sur scène comme on l'entend parfois).
Molière vivait à la même époque que Jean Racine (avec qui il s'est également engueulé), Pierre Corneille (Le Cid) et Jean de La Fontaine.
* qui contiennent des blasphèmes, des paroles impies (= mépris pour la religion).
Message privé et subliminal pour Léo : les oeuvres complètes de Molière sont regroupées dans le gros livre rangé sur l'avant-dernier rayon du meuble dans l'entrée :-)
C'est une parodie d'un jeu télévisé.
Coluche vite fait : Michel Colucci (1944-1986) est un humoriste agitateur. Il s'est présenté à l'élection présidentielle de 1981, mais s'est retiré. En 1984, il obtient un César du meilleur acteur pour son rôle dramatique dans Tchao pantin. En 1985, il fonde l'association Les Restos du Coeur. Il meurt dans un accident de moto.