La peau du gland
Il fut un jour, pluvieux et morose, durant lequel je lançai une sorte de jeu sur Facebook et demandai à mes amis de me proposer des thèmes sur lesquels ils apprécieraient de me voir suer sang et eau.
Oui, mes amis sont des sadiques en puissance. L'adage "on a les amis qu'on mérite" me laisse dubitative, parce que les miens sont des êtres malfaisants, au physique ingrat, qui se font un peu trop rincer au bar. Des rats.
Je dus alors faire face à une déferlante de propositions de sujets autant farfelus que drôles.
J'aime l'écriture sous contrainte. La gymnastique des boyaux de la tête qu'elle nécessite peut être galvanisante. Si le thème est a priori intraitable, le challenge n'en est que plus grand et l'émulation improvise une petite danse de saloon ; assez grotesque, mais néanmoins grisante.
C'est ainsi qu'une certaine Bretonne me donna un thème délicat à... manipuler, qui retint toute mon attention : la peau du gland.
Oui, je comprends votre surprise. Imaginez la mienne. Mais l'amusement lui succéda rapidement et je me lançai avec emphase sur ce sujet à flux tendu.
Il me semble également opportun, aujourd'hui, de remettre ce thème au goût du jour, après avoir allégrement castagné le néo-féminisme, hier. Une question d'équilibre cosmique et de chakras alignés sur la pleine lune.
Comment ? Oui, ça va. Pourquoi ?
Accepter d'écrire sur la peau du gland, c'est comme marcher pied nu sur le chargeur de son téléphone en se levant pisser à trois heures du matin. Tu aurais dû sortir du lit de l'autre côté, en piétinant ta moitié au sommeil lourd, mais c'est trop tard, ton pied hurle à la mort. Et il va bien falloir boiter jusqu'aux toilettes.
Ton honneur de joueuse est en cause.
Dans ce sujet vicieux, digne d'un cerveau alcoolique des plus tordus (atavisme breton ?), il n'y a ni verbe, ni question, ni rien à se mettre sous la dent creuse. Il y a la peau et le gland. Tu parles d'un programme... Un tête à tête des plus prometteurs. Je ne sais même pas par quel bout le prendre.
Pour commencer, en guise d'introduction (oui oh ça va !), on peut déjà se demander à quoi sert le gland ?
Il paraîtrait qu'il joue le rôle d’un airbag et d’un amortisseur, protégeant à la fois le fond de la femelle et le bout du bout du mâle - par nature extrêmement douillet. Il suffit de le côtoyer fiévreux (37,4 °) pour s'en convaincre.
"Quel gland, ce type !" entend-on souvent.
Mais je vois bien que vous ne comprenez rien, comme d'habitude avec les sujets scientifiques, et qu'il va nous falloir faire un peu d’anatomie et de biomécanique.
Quelle misère intellectuelle ! Il m'arrive d'avoir honte de vous, vous savez...
Imaginez deux cylindres souples (les corps caverneux, à ne pas confondre avec le capitaine Caverne) reliés entre eux, qui deviennent rigides quand ils se remplissent de sang sous l’effet de l’excitation sexuelle (YouPorn). Ces deux cylindres sont associés à une troisième colonne (le corps spongieux, à ne pas confondre avec Bob l'éponge), qui se termine par une sorte de chapeau creux dans lequel s’enfoncent les corps caverneux : le fameux gland.
C'est bon ? Tout le monde visualise ?
Eh bien le gland protège les corps caverneux lors de la fornication.
N'est-ce pas merveilleux ?! Sans lui, on n'aurait pas fini de les entendre brailler.
Le gland très innervé sert au plaisir, certes, mais il tombe relativement souvent malade et les affections dont il peut souffrir sont à vomir. J'en ai la nausée d'avoir lu tout ça au goûter.
Déjà, il faut savoir que le gland peut s'entartrer. Comme une machine à laver ! 😂 Les glands durent plus longtemps avec Calgon ! 📣
Il peut aussi se recouvrir de champignons, des amabites phalluïdes, qui se débeloppent dans les bilieux hubides et mal bentilés. Il arrive aussi que le gland soit tout sec, s'écaille, s'enflamme, rougisse, brûle et/ou pèle !!! Mon Dieu que je ris ! Il peut aussi démanger ha ha ha ! Ou être atteint de phimosis ou de priapisme douloureux, ce qui équivaut à au moins 10 grippes aviaires sur l'échelle de Richter du mâle. Qu'est-ce qu'on se marre !
Mais jusqu'ici nous n'avons traité qu'une partie du sujet : le gland, dont les sangliers et les cochonnes raffolent.
Attaquons-nous à la peau du gland, c'est-à-dire au prépuce.
Figurez-vous que certaines MST peuvent faire chuter la peau du gland. C'est magnifique ! La Nature est tellement inventive. Dans ce cas, on peut voir - avant la chute - des sécrétions s'écouler, blanches, jaunes ou vertes. Une verge arc-en-ciel à faire pâlir d'envie William Turner.
Ayé, j'ai rendu ma praluline.
Et maintenant, j'imagine que vous vous attendez à une tirade sur la circoncision et l'éthique. Ce que je me garderai bien de faire, même sous la torture. Est-ce une atteinte à l'intégrité physique ? Une question d'hygiène autant que religieuse ? Fouilla ! Foutez-moi la paix, c'est le week-end ! Débrouillez-vous !
Quelqu'un reprendra-t-il des moules au roquefort ? Un verre de Candida pour faire descendre tout ça ? 😁
Et demain, si vous le voulez bien, nous traiterons le thème universel des testicules.
À demain, donc.
Bonus :
- Fabien ?
- Oui ?
- Tu veux bien te prendre pour un illustrateur encore une fois ? Jean randonne.
- Oui, ça m'amuse... Quel thème ?
- La peau du gland.
- Ah ouaiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
😆
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