Portrait ********  ******

Publié le par La Zitoune

Il fait partie de ces individus trop propres, qu'on imagine fouettant l'après-rasage de luxe à deux mètres. Pas un épi ou une mèche rebelle. Une discipline corporelle de chaque instant. Un costard au repassage impeccable et des chaussures qui pourraient servir de miroir à la Castafiore (vous venez d'échapper à la Castexfiore). Le paraître comme carte de visite du gendre idéal. De ceux qui ondulent comme un serpent en dilapidant la dot. Il est de ces personnes très minces, sans aucun gras ni couenne, qu'on ne saurait par quel bout tenir... [J'entends déjà Fabien me répondre : "Par la bite !"]. Un lézard tout sec avec une peau de crocodile qu'on recyclerait volontiers en sac à main de mauvais goût. ******** ****** ne connaît pas la rondeur ni le moelleux. Il est une figure géométrique aux arêtes saillantes, ou un angle plat, en fonction du protocole. Un losange qui aurait mal tourné, dans tous les cas. Un type qu'on dessine non pas au compas, mais à l'équerre et à la règle. Un rapporteur avec une tête de premier de la classe. Il me fait penser à ce GIF hilarant d'une femme guindée, une bourgeoise endimanchée, qui passe son temps à se recoiffer dans le bus, lorsque - tout à coup - une jeune fille - excédée par tant de symétrie forcenée - craque et se jette sur elle pour l'ébouriffer. Lorsque rien ne dépasse, l'agacement est à son comble. Et rampe la suspicion. Souvenez-vous de Bree Van de Kamp dans "Desperate Housewives". Toujours nickel, jamais une feuille de salade entre les dents ni un gros mot, jamais de racines blanches ou de vernis à ongles écaillé, jamais de poussière sur les meubles ou de moutons sous le canapé ; une névrosée obsessionnelle, ultra-intégrée, exemplaire, irréprochable, infatigable et prévisible. Et tellement chiante ! Eh ben elle a laissé mourir un mec dans la saison 2 ! Ce n'est jamais bon les gens sans défauts, trop lisses, ils cachent forcément quelque chose. On ne peut pas mettre autant d'énergie à se créer un personnage normé, parfait, qui sent la rose, traverse dans les clous et fait bien dans sa caisse, sans avoir une pourriture intérieure à dissimuler. Comme si la perfection était de ce monde ! Quel ennui !
******** ****** a les dents du bonheur ; une insulte permanente au malheur qu'il crée tous les jours, sans faiblir. Un stakhanoviste-capitaliste. Il n'a pas menti sur ce point-là : il n'est ni de Droite ni de Gauche, mais une mixture infâme de Droite. Tout sent le fake chez ce mec, l'illusion d'optique, jusqu'à sa ressemblance avec l'immense Boris Vian, dont il ne peut même pas prétendre être une pâle copie. Et pourtant c'était son projeeeet ! Cela reviendrait à comparer Simone Veil et Nadine Morano. Allons, un peu de sérieux ! 
Ses yeux métalliques fixent ses interlocuteurs comme pour les faire plier, les soumettre. Quand il passe à la télé, j'aime bien couper le son et l'observer. On apprend beaucoup sur lui en n'écoutant pas ce qu'il dit. Il envahit la personne à qui il parle, il cherche à l'hypnotiser, à rentrer de force en elle, comme Kaa le serpent du "Livre de la jungle", ou pire, un violeur d'âmes. Il ouvre une petite porte dans la tête des indécis, les fouille et par là même s'infiltrent le doute et la moisissure. Et s'il disait la vérité ? S'il était sincère ? S'il fallait attendre encore un peu pour voir ? Mais pour voir quoi, bordel ?! 
Ce type me déclenche de l'érythème fessier, des envies de gueuler, de lui (re)faire le portrait ET D'ÉTRANGLER UN NOUVEAU-NÉ DANS SON COUFFIN !
******** ****** est un joueur de poker. Il parie sur la peur des citoyens. Lui versus la bête immonde. Ce fumier ne joue pas des clopinettes, mais notre démocratie. Il ressemble à un dangereux sociopathe bien habillé, manucuré et très poli - une espèce de modèle pour les bigot(e)s sans cervelle, plus préoccupé(e)s par leur présent et leur statut que par l'avenir de leur progéniture. Un mortel autosatisfait, empli de lui-même, qui pourrira aux Enfers, jugé coupable d'avoir prétendu à l'immortalité d'un Dieu comme Jupiter et condamné à un châtiment éternel absurde : s'étrangler avec sa langue de banquier et sa putride faconde. Son foudre et le CAC 40 dans le Q.
Vive la République ! Vive la France ! Vive la CGT !


Illustration de Sakado/Jean. 😁

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Publié dans Lys

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