Evariste Galois

Publié le par La Zitoune

Texte de Fabien

A 17 ans, Évariste Galois crée une branche capitale des mathématiques : la théorie des groupes. Les années suivantes, il révolutionne l’approche méthodologique, invente la théorie de l’ambiguïté toujours féconde aujourd’hui, la théorie des équations…Ses recherches partent dans tous les sens et c’est toutes les mathématiques qu’il bouleverse. De ses travaux sont nées de nouvelles branches des mathématiques, de nouvelles théories, de nouvelles perspectives. Les plus grands mathématiciens des XIXe et XXe siècles ont étudié, poursuivi, approfondi ses travaux. On dit de lui qu’il a inventé les mathématiques modernes. 
Mais de son vivant, personne n’y comprend rien et ses découvertes passent quasiment inaperçues.
Le problème d’Évariste, c’est qu’il est jeune et insolent. Au Lycée, un professeur écrit : « C'est la fureur des mathématiques qui le domine ; aussi je pense qu'il vaudrait mieux pour lui que ses parents consentent à ce qu'il ne s'occupe que de cette étude ; il perd son temps ici et n'y fait que tourmenter ses maîtres… ».  
Admis à l’école normale bien qu’il n’ait pas le bac, il finit par se faire virer au bout de quelques mois après avoir tourné en dérision le directeur dans un premier article et dénoncé la médiocrité de l’enseignement dispensé aux étudiants dans un second : «Quand leur laissera-t-on du temps pour méditer cet amas de connaissances ? Pourquoi les examinateurs ne posent-ils les questions aux candidats que d’une manière entortillée ? Il semblerait qu’ils craignissent d’être compris de ceux qu’ils interrogent…Croit-on donc la science trop facile?».  
Il tente d’entrer à polytechnique mais envoie balader les examinateurs car il trouve les questions ridicules et trop simples. Il transmet ses travaux à l’Académie des sciences. Manque de bol : le secrétaire perpétuel les emmène chez lui et meurt. Ces travaux sont perdus. C’est un autre mathématicien, Abel, qui remporte le concours de l’académie. Ce dernier pense avoir trouvé la résolution générale des équations du 5eme degré. Évariste note sur le mémoire d’Abel : « J’ai commis la même erreur en 1828 (j’avais 16 ans) ». 
Il écrit des articles, donne des cours populaires chez un libraire et se fait peu à peu connaitre. A tel point que Poisson, sommité des mathématiques (celui de la loi), lui demande de rédiger à nouveau ses recherches perdues par l’Académie des sciences. Évariste les lui transmet. Après 6 mois d’études, Poisson nage dans le potage, il n’y comprend rien et annote les travaux Évariste, remettant en question son travail. Évariste en tire une vive déception et écrit, sous les annotations de Poisson : « On jugera ».
Évariste est un idéaliste. Républicain, il menace le roi lors d’un banquet et manifeste pour la République, armé dans la rue. Il séjourne plusieurs mois en prison. Il y contracte une maladie bénigne et finit sa peine à l’hôpital. Il y rencontre une jeune fille dont il s’éprend. On ne sait pas grand-chose mais ça ne doit pas super bien se passer, car il bafoue l’honneur de deux types qui décident de le provoquer en duel. C’est l’usage. 
Évariste a un mauvais pressentiment et, la veille de ce duel, il rédige son testament mathématique. Avec ces conneries de politique, de révolutions, de prisons et de gonzesses, il a pris du retard dans ses recherches. Il a « un an de travaux dans la tête », de pistes et de découvertes et une nuit pour les léguer. Alors il écrit, comme un malade, fiévreusement. Il ébauche ses démonstrations de façon lapidaire, écrit ici « je n’ai pas le temps », renvoie là à des résultats qu’il a rédigé ailleurs. Il signale, sur une théorie esquissée, qu’« il y a matière à rédiger trois mémoires ». Au bout de la nuit, il conclue par ses mots : « Après cela, il se trouvera, j’espère, des gens qui trouveront leur profit à déchiffrer tout ce gâchis.»
Comme il le pressentait, il est gravement blessé lors de ce duel galant et meurt le lendemain, 31 mai 1832. 
Il avait 20 ans.
 

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Evariste Galois

Publié dans Textes de Fabien

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