La vilaine princesse aux lardons / Histoire à plusieurs mains
Histoire écrite par Nanou, Michel, Paf, Laulau et Castorette.
La vilaine princesse aux lardons
Il était une fois une princesse blonde comme les blés. Elle était très très très laide, comme toutes les blondes, mais elle l'ignorait. Persuadée d'être la plus belle du royaume, elle n'était absolument pas complexée et coulait des jours à peu près heureux en attendant son prince à peu près charmant.
Mais voilà... elle était Catherinette et aucun chevalier servant n'était venu la chercher sur son beau destrier noir, ni blanc d’ailleurs.
Le roi et la reine étaient très inquiets de ne trouver personne à qui marier leur fille unique ; ce n'était pourtant pas faute de promettre monts et merveilles et plein de pépètes...
Le pire dans tout ça - et ils en étaient parfaitement conscients - c'est qu'elle enlaidissait de jour en jour. Ses pieds - plus plats que la Belgique - dégageaient une odeur pestilentielle de plus en plus prononcée ; ses doigts crochus ne jouaient d'aucun instrument malgré des heures et des heures de cours particuliers avec les plus grands musiciens du royaume de France et de Navarre ; son haleine était pire que les pires relents des égouts du Moyen Age par temps d'orage ; elle avait un pétard qu'on aurait dit un camion de déménagement breton ; même Jane Birkin avait une poitrine plus généreuse que la sienne, qui était de surcroît en goutte d'huile, comme ses fesses d'ailleurs ; et, son visage était plus efficace que tous les épouvantails à moineaux existants dans le monde et discrètement utilisé par sa famille comme répulsif contre les moustiques en été ou les araignées en hiver.
Qu'allait-elle devenir ? On se le demande...
Le roi et la reine aux abois convoquèrent le conseil des sages. Une décision devait être prise ; plusieurs solutions s’offraient à eux :
1) la noyer ; ce serait facile, la princesse nageait comme un sac de ciment.
2) la perdre dans la forêt, mais forts de l’histoire du Petit Poucet, le roi était assez sceptique sur le résultat d’une telle opération clandestine ; sans compter que la princesse avait un très bon sens de l’orientation.
3) la faire coacher et relooker ; l'un des sages leur avait donné une adresse en Italie, où paraît-il on faisait des miracles.
4) l'étouffer pendant son sommeil, mais les souverains auraient été obligés de se salir les mains, et ils ne pouvaient se permettre de donner le spectacle d'une telle barbarie ; même s’ils mouraient d’envie d’éliminer cette princesse qui leur faisait tellement horreur, ils se devaient de respecter le protocole.
Comment avaient-ils pu engendrer un monstre pareil, eux à qui Dieu avait donné tant de grâces ?
Ils allèrent se reposer sur leur couche royale, épuisés ; après une bonne nuit de sommeil, leurs idées seraient plus claires.
Près de la Grand-Place de Bruxelles, et non loin du Manneken-Pis, un suzerain et un ménestrel passaient un accord en secret. Le chevalier de l'armoire normande, caché derrière une charrette de foin, ne réussit qu'à entendre des bribes de phrases : "... le roi a dit qu'il fallait s'en occuper avant la prochaine lune rousse... elle ne doit s'apercevoir de rien... la moitié des pièces d'or maintenant, l'autre quand le travail sera terminé..."
Le lendemain matin, de très bonne heure, le monstre du Loch Ness, en faisant peur à moult crapauds et crustacés, sortit de l'étang qui n'abritait ordinairement que crevaisons et puanteurs de toutes sortes. Le monstre, affublé de son chapeau pointu, se dirigea vers une cabane faite de paille et de détritus divers.
Etait-ce la résidence secondaire de notre princesse qui, réveillée par les ronflements terribles de son ignoble père, aurait déserté en pleine nuit ?
Ou était-ce à cause de sa mère la reine qui, prise de délire nocturne, aurait crié : "Bodoin, Bodoin !!! Noie-moi cette infamie de Cath !!!"
Notre monstre, trébuchant sur un bâton perdu par un marcheur se rattrapa de justesse à une branche d'arbre d'où tomba une muse brune.
Après avoir laissé passer le TGV de 6h30 et s'être posé pour faire pipi, notre affreux monstre repris sa marche.
Allait-il vraiment vers cette cabane ?
La pauvre Cath tirée d'un sommeil lourd et profond en pleine nuit avait été emmenée de force par les troupes du roi, après que sa mère ait ordonné qu'on la noie loin des regards. Le bourreau chargé de cette mission ingrate n'avait pu se résigner à faire disparaître la seule personne plus laide que lui à des kilomètres à la ronde. Il avait donc décidé d'isoler la princesse en terre étrangère ; c'est ainsi qu'il l'emmena en hélicoptère tout au bout de l'Ecosse, dans une cabane gardée par un monstre impitoyable et cruel ô combien !
Celui-ci n'avait que deux failles, peu banales pour un monstre marin : il ne savait pas nager et était allergique au saumon fumé ou à l'oseille.
La muse tombée de l'arbre après que Nessie l'ait heurté s'appelait Foiegrastruffé. Elle vivait tout en haut du plus haut sommet d'Ecosse, le Ben Nevis, et régnait sur tous les Highlands recouverts de bruyère et de fougères. La faune et la flore de cette région humide de la grosse île, balayée par des vents froids, lui étaient dévouées corps et âme ; notamment les oiseaux et les chardons qui la vénéraient tel Dali sa Gala, muse parmi les muses.
L'arme fatale de Foiegrastruffé était ses yeux bleu marine. Il suffisait qu'elle fixe son interlocuteur pour que celui-ci fonde sur-le-champ et se retrouve à l'état de Flanby pendant une dizaine de minutes environ, puis passé ce court délai, il retrouvait son apparence normale.
Pour servir cette princesse hideuse, sept hommes de petite taille lui furent attribués, ils portaient les doux prénoms de : Abattre, Asecouer, Afaire, Afoutre, Acarrer, Acirer et le septième, auquel M. et Mme Jeanairien à court d'inspiration n'avait pas donné de prénom, et que nous appellerons Pssst !
Ainsi que leurs deux chiens Référendum et Pomme de pin, qui étaient en réalité deux énormes porcs dressés comme des chiens de garde par Isabelle Alonso.
Tout ce petit monde diligenté par le roi et la reine arriva par l'ascenseur de 22h43, alors que la concierge se trouvait dans l'escalier.
Nessie s'approcha en même temps que la joyeuse troupe de farfadets et ce fut un carnage sanguinolent. Le remake de "Massacre à la tronçonneuse" terminé, Cath sortit de la cabane, le cheveu en bataille, l'oeil ébouriffé et l'haleine de chacal. Elle regarda dédaigneusement alentour et cria d'une voix aiguë et désagréable :
- Comment s'fait-il que je n'ai pas mon café et ma clope ?
Pssst ! fila droit et s'exécuta après mille courbettes disgracieuses et surtout ridicules.
Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir, la princesse se dit que rien ne serait plus jamais comme avant. Elle qui heureusement avait un esprit simple se croyait arrivée à Eurodisney et s'émerveillait de tous ces changements et dépaysements. Elle adorait ses nouveaux compagnons, ou ce qu'il en restait... Seuls Pssst, Asecouer, Afoutre et Référendum s'en étaient sortis. Les autres, dont Nessie, gisaient au sol, dans leur vomi pour certains, ou dans les choux.
La princesse Cath préférait de loin sa nouvelle vie et se sentait heureuse.
Au fond, elle s'était toujours profondément ennuyée au château, avec le sentiment de ne pas y être à sa place et, en plus, d'énormément décevoir ses parents, qu'elle essayait pourtant de satisfaire autant qu'elle le pouvait.
Elle échappait enfin à leur regard réprobateur et se sentait vivre pour la première fois.
Allait-elle pouvoir longtemps échapper aux devoirs qu'implique sa condition ?
Elle ne voulait pas y penser et s'amusait comme une folle...
Pendant ce temps-là, à Bruxelles, Léon le chevalier de l'armoire normande, était furax et pas Relax du tout. Il essayait depuis des heures d'envoyer un texto à la reine, mais on lui disait sans cesse : "échec de l'envoi". Il fallait pourtant qu'il la prévienne de toute urgence ! Ce qu'il avait entendu près du Manneken-Pis confirmait ses craintes : le roi voulait faire tuer son épouse Fernande ! Tout ça pour épouser cette Natacha ! Cette grognasse à forte poitrine, qui n'avait qu'un petit pois pour cervelle !
Le chevalier servant, serviable, servile, serein, sermonneur, séraphique, sérieux, serviette-éponge, séfarade, bien élevé, et profond-comme-garçon-qu'on-lui-donnerait-le-bon-Dieu-sans-confession se dit que, décidément, les hommes étaient tous pareils ! Il cracha un gros mollard vert sur le pavé et décida d'envoyer un mail à la reine, qu'il rêvait secrètement de culbuter depuis des lustres. Il chantait souvent sous sa douche : "Quand je vois Fernande, je ... bip ... je ... bip ... !
Quand la reine Fernande reçut le mail, elle devint verte de rage.
Ha ! c'était comme ça ?! Tout ceci était donc un stratagème : en éloignant Cath qui collait à sa mère comme un chewing-gum à sa semelle, le champ était libre pour mener à bien ses vils desseins, comment osait-il ?
Foi de Fernande, elle n'avait pas dit son dernier mot !
Sa vengeance serait terrible, elle avait un avantage sur le roi qui pensait qu'elle ne se doutait de rien.
Elle téléphona immédiatement à Foiegrastruffé et lui passa commande d'une potion dans le but de transformer le roi en chaton inoffensif.
Et vu son pedigree, elle pourrait ainsi le vendre au mage Abon Tartanpion qui soi-disant en faisait l'élevage...
La voie serait enfin libre et elle pourrait enfin s'abandonner dans les bras de ce chevalier servant, qui à l'heure des ablutions donnait de la voix, et le son mélodieux disait : « Quand je pense à Fernande je chante, je danse », du moins lui semblait-il.
Haaaa !!! retrouver le frisson de la toute-toute première fois... dans les vestiaires haaaa !
Foiegrastruffé dépêcha une de ses buses favorites auprès de la reine Fernande pour lui livrer la potion.
Ce soir au dîner, Fernande laisserait tomber quelques gouttes dans le fromage à raclette, et le roi se transformerait sous ses yeux en "chat, l'empoté" !! *
*Racine étymologique du "chat botté" que tout le monde connaît.
La reine mère culpabilisait à mort d’avoir ordonné qu’on noie l’inesthétique Cath ; elle délirait dans son sommeil, certes, mais son phacochère de mari avait sauté sur l’occasion pour éloigner leur truie de fille. Elle fit torturer au plomb chaud le bourreau, qui avoua sans trop de peine ne pas avoir exécuté la princesse aux lardons - euh… le laideron - mais l’avoir isolé au fin fond de l’Ecosse humide.
Fernande, rassurée, dansa la sarabande en nuisette et promut le bourreau du château au rang de chef-tortionnaire - ce qui lui permettrait de cumuler davantage de RTT et de les coller à ses congés payés.
Belle ascension sociale ! Pour fêter ses nouvelles fonctions, le chefaillon Bodoin décida d’organiser une grande fête chez lui - à la Bastille. Mais les riverains firent tourner une pétition dans le quartier, n’en pouvant plus d’entendre la même rengaine des heures durant : « A la bastille, on aime bien Nini peau de chien, elle est si bonne et si gentille, on aime bien, qui ça ? Nini peau de chien, où ça ? à la Bastille ».
Les voisins frustrés de la rate eurent gain de cause et le bourreau et toute sa famille furent envoyés à Sainte-Hélène ; petite île au milieu de l’Océan atlantique où il tenta de soigner ses maux d’estomac chroniques et son transit intestinal délicat. Il mourut d’un cancer de l’estomac peu de temps après, dans d’ignobles souffrances et des cris épouvantables, qui déclenchèrent à nouveau l’hostilité du voisinage aigri.
Pendant ce temps-là, Cath ripaillait à n’en plus finir, elle ingurgitait des tonnes de nourriture, sous l’œil attendri de Foiegrastruffé. Cette dernière comprenait cette attirance compulsive pour les aliments de qualité et profitait d’avoir une invitée de marque pour tester de nouvelles recettes derrière ses fourneaux. Cependant, un petit quelque chose lui échappait : plus la princesse moche mangeait, plus elle embellissait… C’était à n’y rien comprendre… d’ailleurs, Foiegrastruffé n’y entravait que dalle et en était très chiffonnée. Pour se détendre, elle fixa dans les yeux Pssst, Asecouer, Afoutre et Référendum, qui se transformèrent sur-le-champ en Flanby mous et dégoulinants. Dès qu’ils reprenaient forme, elle recommençait, tant et si bien qu’ils finirent par fondre sur le carrelage de sa cuisine, nappés de caramel.
Foiegrastruffé, ses esprits retrouvés, décida d’appeler son meilleur ami depuis toujours : Abon Tartanpion, le mage de Brocéliande ; celui-ci, réputé pour prédire l’avenir, lutter contre le mauvais-œil, l’envoûtement et les ondes négatives, était également connu pour son grand magnétisme. Il pouvait, par exemple, faire gondoler les filles par une simple apposition des mains.
Foiegrastruffé avait besoin de ses conseils éclairés, mais pourrait-elle le joindre ???
Casto-la-buse remplit ses diverses missions avec brio (un vieux pote de lycée) : elle porta la potion à la reine, puis une fiole au chevalier Léon de Bruxelles et un flacon au roi. Elle suivait à la lettre les instructions de Foiegrastruffé, sa machiavélique et vénérée maîtresse des Highlands - qui, autrefois, avait été l'épouse du suave Sean Connery.
Casto-la-buse fila à tire-d’aile, sans demander son reste, voulant absolument éviter les bouchons sur le périph’, surtout un vendredi soir. Pour se donner du courage, elle chanta à tue-tête et très très très faux - sous l’œil médusé de quelques oiseaux migrateurs : « Pourtant que la montagne est beeeeelleeeuuu, comment peut-on s’imaginer, en voyant un vol d’hirondelles, que l’automne vient d’arriver ? ».
Et oui, l’automne venait d’arriver et les champignons aussi. Alors que la princesse se promenait, elle vit au loin une ombre noire s’approcher d’elle. Elle eut peur, mais ça faisait tellement longtemps qu’elle était perdue dans ces bois qu’elle se sentit également soulagée. Mais tout à coup, stupeur et tremblements ! qui était donc ce sarrasin dans sa voiture jaune ? Celui-ci fut surpris de voir quelqu’un et il demanda où était la boîte aux lettres du bon roi Dagobert. La princesse répondit qu’il était mort depuis belle lurette, étranglé avec l’élastique de sa culotte. Le sarrasin parut surpris, mais accepta assez rapidement l’idée, quand il reçut un coup de gourdin mortel sur son crâne dégarni. Cath hurla si fort qu’elle fit exploser les deux tympans de l’ombre noire au gourdin, qui tomba raide morte à côté du sarrasin. La princesse, épuisée par tous ces imprévus épuisants, finit par retrouver son chemin et se coucha, épuisée d’épuisement.
La Cath répugnante d’antan mutait - au fur et à mesure de ses repas gastronomiques - en une ravissante jeune femme, à la démarche souple et gracieuse, aux pieds fins, aux longs doigts de virtuose et à l’odeur enivrante d’essences naturelles de Guerlain. Mais, plus elle embellissait plus elle avait des soucis existentiels (les hommes diraient : plus elle était ch*****).
Les moustiques du Lancashire et les araignées écossaises - et même les irlandaises du Nord, armées jusqu’aux dents - se jetaient sur elle et la dévoraient, malgré les ordres pourtant clairs de Foiegrastruffé ; elle était donc recouverte de morsures de la tête aux pieds et, totalement exsangue, elle tomba très très très malade.
Elle mourut dans de formidables et spectaculaires convulsions et dans l’indifférence la plus totale. Sa dépouille fut jetée dans la mer du Nord et basta.
Foiegrastruffé n’y comprenait plus rien… elle qui régnait sur le monde animal et végétal depuis des siècles ! Pourquoi les animaux ne lui obéissaient-ils plus ? Même Casto-la-buse, dévouée corps et plumes, lui crachait à la figure depuis le retour de son périple en France. De rage, Foiegrastruffé transformait en Flanby tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un être vivant ; c’est ainsi que furent inventés le hachis parmentier, le pudding, le Jell-O et surtout la raclette (sans patates). Casto-la-buse finit en tarte au citron meringuée, ce qui - au bout du compte - était plutôt une belle mort.
Foiegrastruffé attendait avec impatience la venue de son ami le mage Abon Tartanpion. Il pourrait sans doute l’aider à résoudre cette énigme, ce mystère lourd et pesant. Elle sentait bien que quelque chose se tramait dans son dos.
Celui-ci arriva par les airs aux alentours de 4 h 17. Transporté par le mistral depuis le sud de la France, il dut braver les intempéries, les inondations, la circulation sur les Champs-Elysées, une tornade, un cyclone, un raz-de-marée au-dessus de la Manche, une collision avec Big Ben, et survoler plusieurs régions anglaises avant d’arriver chez Foiegrastruffé, tout en haut du Ben Nevis. Exténué, il dormit deux jours complets, pendant lesquels son hôtesse transforma des légumes en Flanby et inventa la fameuse ratatouille (Cyril Lignac lui dérobera la recette, pirate !).
Le roi, transformé en chaton inoffensif depuis sa dernière raclette au lait cru, s’était rapidement fait becqueter par le chien des voisins, en une bouchée à peine il avait disparu. Il ne serait donc pas vendu au mage Abon Tartanpion. La reine, ravie de cet heureux dénouement, et débarrassée de son mari et de sa fille en deux temps trois mouvements, convola avec le chevalier de l’armoire normande. Mais, Léon - qui ne pensait qu’à biper sans arrêt et partout - saoula Fernande au milieu du voyage de noces, et c’est ainsi qu’elle le fit jeter aux oubliettes jusqu’à la nuit des songes ; il y retrouva d’ailleurs Natacha-Gros-Poumons, et le ménestrel et le suzerain du début de son aventure. Heureusement, ils étaient quatre et savaient tous jouer à la belotte. Natacha ne manqua plus jamais de chaleur humaine et, ma foi, ne s'en plaignit pas.
Abon Tartanpion et Foiegrastruffé furent heureux de se retrouver et le fêtèrent dignement.
Abon rassura Foiegrastruffé, tout magiciens qu’ils étaient, ils ne pouvaient malgré tout, tout maîtriser, et surtout la force de leurs sentiments. Ils ne pouvaient lutter contre l’amour, et sur le principe des vases communicants, en unissant leur amour, ils perdraient leurs pouvoirs.
Ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre et s’abandonnèrent, oubliant magie et sortilèges de pacotille, car le plus grand sortilège, ils le découvraient enfin, c’était l’amour avec un grand A.
Ils consommèrent leur amour toute la nuit et, tard dans la matinée du lendemain, ils dormaient encore lorsqu’un messager les tira de leur repos de guerriers de l’amour. Il leur remit un parchemin scellé du sceau de la reine.
Ils l’ouvrirent et ce qu’ils lurent les combla de joie : la reine leur léguait le château et toute sa fortune.
Cette dernière, ayant perdu le goût au plaisir de sa vie d’antan, devint sœur bouddhiste et se retira dans un temple en Saône-et-Loire.
Elle légua sa fortune aux deux mages qui lui avaient finalement ouvert les voies de la spiritualité, et avaient contribué à son bonheur, à condition toutefois que ceux-ci œuvrent pour maintenir le rire, la joie, la gaieté et la bonne humeur en ce monde, qui était de plus en plus gagné par l’aigreur, la morosité, l’uniformité, la bienséance et l’ennui.
Nous deux ex-mages et nouveaux amoureux se firent la promesse mutuelle de rester fidèles aux vœux de sœur Fernande toute leur vie.
Ils furent à l’origine de la création du « Château du Cœur » où tous les soirs étaient distribuées de la soupe d’ortie et de la raclette à volonté.
Foiegrastruffé dédia une aile du château à l’art sous toutes ses formes, et Abon Tartanpion développa l’art de se faire désirer.
Le pont-levis du château était toujours baissé, les portes grandes ouvertes, et chacun pouvait aller et venir à sa guise, en toute liberté.
Ils furent heureux, et eurent beaucoup d’adeptes du rire.
FIN
La vilaine princesse au jambon. Ben quoi ! j'avais pas de lardons dans le frigo... et le jambon ça reste du porc je te signale !
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