Meurtre à Bombéi / Histoire à plusieurs mains

Publié le par La Zitoune

Histoire écrite par Dominolinage, Laulau, Missou, Nanou, Homère, Paf et Castorette.

Meurtre à Bombéi

Ce matin, en sortant de chez elle, Dominolinage dit ceci :
- Mais c'est pas possible ! qu'est-ce qu'on se caille les meules dans ce bled tout pourri de Bombéi !
Ce à quoi Christine42 répondit :
- T'es toujours en train de râler sur le temps, Homère avait bien raison !


C'est alors qu'un groupe de castors à queue plate déboula la pente à grande vitesse. Le chef, une espèce de meuf bizarre, constamment hilare et assez ridicule, prit solennellement la parole :
- Bonjour mesdames, inspecteur Chécastoyatouskifo. Un crime a été commis à Bombéi, sur la grand-route qui mène à la mairie - épicerie - tabac - journaux - poste - boucherie - cabinet médical - laboratoire - boulangerie - pharmacie - pédicure - coiffeur - boutique de lingerie fine. Un individu non identifié, de sexe féminin, a été retrouvé vitriolé. Nous avons découvert un message dans son portefeuille : "Domino m'a tuée".
C'est alors que Zouba - l'inspecteur stagiaire - intervint :
- Chef ! les patates !
- Ah oui ! merci Zouba ! continua Chécastoyatouskifo, des patates germées ont également été déposées à côté du cadavre avec un mot : "Et Christine42 l'a aidée".
C'est alors que l'inspecteur aperçut le bon vieux gros matou de la maison - Têtu - qui les espionnait ! "Il a sûrement tout vu" se dit Chécasto... et alors commença une "chassochat" acharnée ! Têtu, très futé, les épuisa un bon moment en tournant autour de la maison... puis, d'un bond prodigieux, sauta dans le jardin du voisin - surnommé "Labéquille" car il avait l'habitude de recycler ses béquilles en tuteurs à tomates.


Alors que tout le monde cherchait Labéquille, celui-ci avait disparu. Mais où était-il ce zouave ? En train de recycler ses béquilles dans une brocante avec Spidermuse ou en train d'acheter des panty dans une boutique de lingerie fine ?
Alors que la nuit tombait sur Bombéi-plage, tout le monde vit arriver un sommier tous feux éclairés et, installé dessus, Labéquille qui chantait des chansons paillardes. Il était saoul comme un cochon et lançait le pauvre Têtu en l'air. Ce dernier poussait des hurlements à fendre le coeur.


De son côté, soeur Emmag-Nuelle se demanda comment elle allait faire pour contacter Hervé. Celui-ci refusait obstinément de lui parler depuis deux jours et cela la rendait très nerveuse. Elle envisagea même d'escalader les murs du couvent pour le rejoindre, mais elle avait le vertige.
Alors que soeur Emmag-Nuelle se morfondait au pied des murs du couvent en se léchant les mains, apparut Florimont Sacremuge, tiré à quatre épingles et accompagné de sa fidèle gerbille.
Florimont Sacremuge jouissait d'une réputation sulfureuse qui dépassait de loin les limites de Bombéi et s'étendait jusqu'aux confins du territoire de Chambodu-sur-Chiffon.
On le disait de petite vertu, n'hésitant pas à monnayer ses charmes, joueur invétéré de Cranium et fumeur de Topium.
Florimont Sacremuge, apercevant la nonne en détresse, sortie son pot de Gomina, se refit prestement la raie et approcha à pas feutrés de soeur Emmag-Nuelle.
Tout entier concentré sur sa proie, il salivait des seaux et en avait oublié de surveiller sa gerbille, qui reconnaissant les hurlements de terreur du chat têtu dont elle était secrètement amoureuse, d'un bond aussi majestique qu'élastique, s'élança de l'épaule de son maître jusqu'au sommier de Labéquille. De sa patte gauche palmée - patrimoine génétique hérité de sa mère gerbille et d'un père canard inconnu - elle s'empara de Têtu, enroula sa queue fournie autour de la tête du chat pour le protéger, et ils roulèrent, roulèrent, roulèrent et, par leur élan emportés, furent projetés hors des murs, jusque dans l'enceinte du couvent.


Domino attrapa Chécastoyatouskifo par la tignasse et la tira d'un coup sec en arrière. Christine42 lui sauta dessus à pieds joints en hurlant :
- Depuis le temps que tu nous fais chier Chécasto, il était temps que ça finisse !
Puis elle la vitriola en ricanant.
Domino, déguisée en Touareg, siffla entre ses doigts ; une armée de yaks apparut alors à l'autre bout du Faubourg-Mignon. Un seul homme était sur le dos d'un de ces animaux poilus et odorants ; il s'agissait de Homério - un poète légendaire. Bourré comme un coing, il frôla Domino et la saisit par le bras, avant de l'allonger sur ses genoux et de fuir à la vitesse d'un roller rapide.
Christine42 courut dans tous les sens en gesticulant :
- On a kidnappé Domino ! on a kidnappé Domino !
La stagiaire Zouba - toujours très moralisatrice mais avec un peu d'humour quand même (un chouia quoi) - se tapa les flancs, goguenarde, et dit du haut de sa superbe :
- Tout ça est bien étrange... Des pirates piétinent nos plates-bandes alors qu'il est écrit noir sur blanc et lisiblement et en français et proprement :"pré carré - interdit d'éternuer".


Florimont aida soeur Emmag-Nuelle à escalader le mur du couvent, en lui plaquant les mains sur son beau fessier porté haut et musclé. La religieuse fit semblant de déraper à plusieurs reprises pour pouvoir profiter de cette chaleur humaine dont elle se privait depuis toujours ; Florimont, lui, ne se priva pas et constata qu'elle ne portait pas de culotte.
Une fois la nonne renvoyée dans la civilisation, le joli coeur - acrobate professionnel - n'eut aucun mal à rejoindre celle qui ne pensait plus du tout à Hervé (que les femmes sont superficielles). Elle se jeta entièrement nue sur le fier Florimont qui, tout d'abord surpris, la repoussa violemment, avant de se ressaisir et de l'emmener avec lui tout en haut du septième ciel.
Ils restèrent au moins huit jours dans une roulotte confortable, à fumer du Topium ; séjour pendant lequel elle lui amena des croissants et une mousse au chocolat au lit et il lui répara sa machine à laver en peignoir, tout ça dans la plus grande des intimités.
Quant à la gerbille et à Têtu, ils décidèrent de rester - eux aussi - à l'abri des regards de leurs congénères (qui n'en avaient de toute façon rien à foutre) et firent leur vie dans le couvent.
La gerbille ne culpabilisa pas d'abandonner son maître, trop amoureux pour se soucier d'elle, et Têtu était trop content de ne plus voir sa maîtresse PAS TOUJOURS drôle, mais convaincue de l'être. Elle le fatiguait avec ses grands airs, à donner son avis en privé alors que les gens ne lui demandaient rien (et n'en avaient de toute façon rien à foutre).
Têtu et la gerbille - prénommée PauletteCastagnette - se pacsèrent, eurent quatre portées de trois choses à la patte gauche palmée, puis elle se fit ligaturer les trompes.


Homério attacha son yak à un poteau télégraphique, posa Domino toute courbatue au sol et vomit ses tripes sur la paille. Il dit : "Ca va mieux" ; Domino répondit : "Ca m'est arrivé dans le désert de Gobi, j'avais dégobillé aussi... à moins que ce ne soit dans le Sahara, ou à Bombéi ? enfin bref, je ne sais plus" ; Homério conclut : "On s'en bat les rouflaquettes, arrête de te la raconter".
Puis, comme le soir tombait, il décida d'emmener son gibier dans son terrier pour un magnifique dîner aux chandelles, avec musique classique et sanglots longs des violons.
Homério déguisé en bédouin fit du charme à Domino, qui se laissa aller, la boucla et s'abandonna. Faut dire qu'il mit le paquet : danse du ventre en apéro, renard confit aux morilles, brouillard givré et chocolats tibétains à la sauce au yak en dessert + la goutte en digestif...
Comment aurait-elle pu ne pas succomber à tant de délicates attentions...


L'inspecteur Chécasto, après s'être fait vitrioler, prit l'apparence de "La Chose" dans les Quatre Fantastiques, et ça l'arrangeait plutôt, elle allait pouvoir mener son enquête incognito...

Suite à la métamorphose de son chef, la stagiaire Zouba devint inspecteur et se sentit encore moins pisser qu'avant. Tout le monde devait dorénavant se tenir au garde-à-vous et ne parler qu'avec son autorisation écrite. Les ouailles vécurent l'enfer à la caserne, mais - comme elles adoraient bouffer à tous les râteliers - elles se gardèrent bien de se la mettre à dos et la brossèrent dans le sens du poil, même si elles ne l'estimaient pas toutes... elles avaient trop peur qu'elle ne les vire de sa liste d'amis sans avertissement préalable. Bien sûr, par derrière, certain(e)s lui dégueulaient dessus tant et plus, mais Zouba n'était pas au courant.

Chécasto-La-Chose était dorénavant dotée d'une force physique surhumaine et recouverte d'une croûte en pierre orange ; c'est pourquoi elle ne craignait plus du tout "le sale temps de chien pourri, brumeux, brouillardeux et pluvieux" de Bombéi. Elle pouvait résister à des températures extrêmes aussi bien chaudes que froides.
Ainsi, quand la meute des fanatiques décida de la cramer au vitriol et au lance-flammes, et qu'en troupeau ils tentèrent de jeter son corps en pâture sur la banquise, elle sourit à pleines dents. Son arme favorite indestructible était d'être imperméable au fiel des gens avec lesquels elle n'avait pas d'atomes crochus. Mais, grande joueuse devant l'Eternel, elle rendait coup pour coup. Dans la gêne y'a pas de plaisir !


L'enquête sur le meurtre de Bombéi avançait à grands pas et dans les coulisses.
Chécasto-La-Chose décida d'ouvrir une agence de détective. Elle ressassa tous les éléments de l'enquête, et la piste à suivre était bel et bien les patates. Elle passa en revue tous les cultivateurs de la région et tomba sur un nom qu'elle connaissait, une personne à qui elle avait acheté sa provision de patates annuelle quelque temps auparavant. Mais oui, c'était ça ! Il y avait même eu des plaintes pour agressions sur son champ de patates... c'était la piste à suivre hé ! hé ! hé !
La Chose avait un ami bizarre et un peu rusé, qui lui suggéra de faire analyser la terre et la variété des patates...


Les patates avaient une odeur bizarre, La Chose reconnut « Odeur de Yak » d'Hugo le Bogosse. Elle avait déjà senti cette odeur auparavant et se rendit à la Morlaise, cette boîte de nuit réputée à Morlaix. Là, elle eut une vision cauchemardesque, des êtres en transe s'ébrouaient sur une chanson pathétique de Claude François ; ainsi qu'une rangée de décolletés pâlots et héliumés, attendants l'homme de leur vie, qui pour l'instant faisait la navette entre le bar et les pissotières et viendrait leur murmurer des choses douces, en rotant leur trop-plein de bière.
Soudain, elle vit Homério-le-bédouin qui transportait Domino-la-Touareg dans une brouette parfumée au safran. Il faisait des pas de danse sur la piste, en chantant "Comme un lundi au soleil", sous l'oeil médusé d'Oasis - le patron des lieux. Domino, quant à elle, ne digérait pas trop le renard aux morilles et trouvait qu'il faisait "trop froid trop de brouillard fait ch*** les congères" pour se démener sur des chansons du siècle dernier ; de toute façon, elle n'aimait que Dave.


Homério aurait dû se douter que Domino était un peu borderline, bi-polaire quoi ! à force de faire la navette entre le désert chaud et le désert froid de Bombéi, elle avait attrapé un gros rhub de zerbo et là, elle commençait carrément à délirer...
Elle s'extirpa de sa brouette, se mit une giclée de "Odeur de yak" et chanta en se déhanchant au milieu des habitués ahuris de la Morlaise : "Vanina ah ah ah ah ah ah ah ah ah Ah ah ah ah ah ah ah ah Vanina ah ah ah ah ah ah ah ah ah Ah ah ah ah ah ah ah ah".


Christine42 entendit le cri de ralliement convenu et sortit en courant de derrière un pylône, tenant une grande chevalure mordorée à la main. Elle regarda Homério et lui dit en battant des cils : Ca t'embête d'aller me la garer ? J'ai pas trouvé de place en arrivant". Homério - toujours galant avec les dames malgré ses airs bourrus - s'exécuta bien volontiers et déclama quelques poèmes sur le chemin, dans un grec approximatif.
Il trouva une place pour garer la chevalure, en face de la Guinguette alsacienne, juste à côté d'une cigogne mielleuse et fausse fausse fausse.
Mais la chevalure avait un sixième sens développé et elle ignora magnifiquement l'échassier migrateur, qui raconta sa vie dans le vent qui souffle au sommet des grands pins vent frais vent du matin.

Tout à coup, une météorite plus rapide qu’une fusée et plus gazeuse que Jupiter s’écrasa sur la boîte de nuit. L’odeur âcre qu’elle dégagea en explosant - d’abord en plein vol puis au sol - tua tout le monde sur le coup : Christine42, Homério, Domino, Oasis, La Chose et toutes les créatures à l’intérieur de la Morlaise, ainsi que la cigogne et la chevalure à l’extérieur.

Tous les Parisiens y allèrent de leur avis éclairé sur la question du vagabondage des bombes désodorisantes aux huiles essentielles dans la stratosphère. Était-ce un délit ? Pouvait-on laisser des pauvres hères errer, fomenter et lâcher leurs gaz en explosant sous la pression ???

Comme toujours, il y avait deux camps opposés, persuadés l’un et l’autre d’avoir raison.

Le premier camp, plus soucieux de son image, se prenait beaucoup la tête. Mille fois plus radical, il voulait construire de hauts remparts pour protéger les prés carrés des uns et des autres et renvoyer les « étrangers » chez eux, hors des frontières.
Leur chef rabâchait beaucoup en marchant à toute allure. Pour eux, tout était grave.


Le second camp militait pour la liberté de circulation des vagabonds comme des autres et ne voulait pas entendre parler de pré carré, concept qu’il trouvait réactionnaire et xénophobe. Ce camp se délectait de la mauvaise foi ambiante en mangeant du foie gras. Sa devise était celle des Shadoks (sur lesquels il pompait beaucoup) : « Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. » Pour lui, rien n’était grave sauf les trucs graves.

Zouba, dépassée par les événements, décida de démissionner de la police. Elle ne pourrait jamais élucider le meurtre de Bombéi, et puis à quoi bon puisque la victime et les deux coupables étaient mortes.
Alors elle partit - de bon matin, sur les chemins - à bicycletteeeeeuuuuuu avec PauletteuuuuuuuCastagnette, Florimont et Emmag-Nuelle.
La gerbille avait décidé de quitter Têtu trop chiant au quotidien, toujours en train de laisser traîner ses chaussettes n’importe où et il ne la laissait jamais choisir le programme télé ; elle était au bout du rouleau.
Le chat - apprenant le décès gazeux de Domino ET se faisant larguer dans la foulée par sa Paulette - mourut de chagrin, roulé dans un tapis en poils de yak.

Pour lutter contre la pollution radioactive issue de l’explosion, le second camp remit à l’ordre du jour le cours magistral du professeur Shadoko :

"Il y a trois sortes de passoires : celles qui ne laissent passer ni les nouilles, ni l'eau, celles qui laissent passer les nouilles et l'eau et celles qui laissent passer quelquefois l'un ou l'autre et quelquefois pas."

Quitte à être constipé jusqu'à la nuit des temps, le premier camp décida de ne plus manger que du riz. Faut-y pas être un peu bête...

LA FAIM

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Indice : une patate germée.

Indice : une patate germée.

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