Éloge du bon goût (esquisse)
Le bon goût a la particularité de n'avoir aucun contour, aucune définition, aucun couvercle, aucun pré carré à conquérir ou à défendre. Dès lors que l'on tente de l'enfermer, de le cerner, il fuit, tache, puis s'évapore. La police du bon goût, petite soeur de la censure et cousine germaine de la chienlit conformiste, est armée du pire en termes d'humiliation : la condescendance. Elle castre, scie, ampute et - parfois - crève des coeurs ou brise des carrières. Le bon goût n'est ni de droite ni de gauche, il n'a pas de sexe, pas de religion, pas d'époque et ne se situe pas forcément dans les hautes sphères. Il est souvent là où on ne l'attend pas et ne supprime jamais rien, mais toujours ajoute, augmente, améliore et pimente. Créatif et inspirant, il est donc vain de vouloir le définir. À l'opposé de l'attribut du sujet, il vole au-dessus des nuages. À l'instar(t) de la culture, il souffre de l'intermittence et ne se prive ni de liberté ni de le dire.
Le bon goût est à la hauteur des situations.
Le bon goût a des airs de Corinne Masiero.
/image%2F1180522%2F20210319%2Fob_75cc2e_160292093-117800356992791-380700902082.jpg)