Fabien D. (2)

Publié le par La Zitoune

J'ai repris le portrait de Fabien, parce qu'il m'a fait part de sa déception devant le peu d'éloges faits sur sa personne. Et c'est vrai qu'à la relecture, je me suis rendu compte que j'y étais allée un peu fort. J'espère que cette nouvelle mouture lui conviendra et qu'il saura me pardonner le premier jet.
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Rédiger un texte avec pour Sujet Fabien D., c'est comme jouer du Christine and the Queens à la cornemuse. Même si tu as fait 10 ans de solfège, la cacophonie s'impose et dégouline comme du beurre rance.
Le premier couillon, c'est Fab.

Tu ne l'appelles pas, mais il entend son nom et, persuadé d'avoir remporté la coupe, se lève de son strapontin, sous les applaudissements éperdus de la salle, les bras en l'air, dévoilant ses tablettes de chocolat, le torse bombé, gonflé comme un crapaud, rempli de fierté, et battant des cils. Il ouvre sa chemise pour dévoiler ses pectoraux, remet son énorme paquet en place, envoie des clins d'oeil aux blondasses à gros poumons du premier rang, s'engage dans l'allée, avance en roulant des mécaniques, la braguette boursouflée, ses Converse bien lacées, monte les marches deux par deux, avance sous le feu des projecteurs, attrape d'une main la coupe qu'on ne lui tend pas et cherche sur-le-champ à empoigner le micro de l'autre. Et là, devant une salle stupéfaite, il explique avec emphase et assurance qu'il a toujours su qu'il se retrouverait là.
Puis, le service d'ordre l'évacue.
C'est Fab.

Un imposteur - au sens littéral du terme, qui pourrait recevoir des seaux d'insultes, des brouettes de mépris, des rafales de baffes, des centaines de courriers haineux, être recalé aux concours tous les ans, et qui continuerait - quand même - à porter le costume de la star, du champion, de Rocky Balboa qu'il affectionne tant. Persuadé qu'il est le meilleur, qu'il a tout fait péter, que l'examinateur n'a lu que lui ou que le facteur a sonné deux fois.
Il y a des gens comme ça, qui ne se rendent jamais vraiment compte de qui ils sont, ni de ce qu'ils dégagent. Alors on leur voue une haine silencieuse. On les hait pour eux-mêmes, malgré eux.

Rien ne me relie à cet homme. Parfois, j'oublie même qu'il existe.
Il pense tordu, court, peu, sans relief, maniant clichés et poncifs éculés. Avoir refusé son amitié m'assure la tranquillité.
Fab me colle des angoisses. Je n'ai pas le souvenir d'une seule fois où lui parler ne m'a pas donné la diarrhée. Il tape à côté. Chaque fois. Avec une vulgarité stupéfiante. Il est bête comme ses pieds, en plus de tout le reste.
Le reste, c'est : une écriture épouvantable, qui ignore l'orthographe et la syntaxe ; un humour grossier, qui te laisse la bouche ouverte d'effarement ; un fake dégoûtant. Bref, je vais m'arrêter là. Parce que vous aurez compris ce que je veux dire.

Si j'avais eu la chance de ne pas connaître quelqu'un sur cette planète, j'aurais adoré que ce soit Fabien. 😁

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Fabien D. (2)

Publié dans Portraits

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