Les antihéros grecs (22)

Publié le par La Zitoune

Il existe des mortels casse-cou et sans cervelle qui offensent les dieux ou trompent leurs semblables, sans se soucier des répercussions. Les Grecs ne supportent pas le manque d'hospitalité, l'un des devoirs les plus importants selon eux, ni qu'on en abuse. Dans la mythologie grecque, les antihéroïnes sont souvent jalouses et habitées par un désir de vengeance. Transgresser les règles sociales est sévèrement puni par les dieux. En voici quelques exemples.

Sisyphe

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Ce chenapan cumule les crimes, tue des invités, drague sa nièce et se retrouve précipité aux Enfers. Qu'à cela ne tienne, il séquestre Thanatos, le dieu de la mort tout de même, fils de la nuit et des ténèbres ! Et, comme dans la gêne il n'y a pas de plaisir, il demande à Hadès de le renvoyer sur terre le temps qu'il s'assure que sa femme respecte sa volonté et n'organise pas ses funérailles. Hadès accepte, mais Sisyphe déserte les Enfers et ne revient pas. Il est alors jugé coupable d'avoir prétendu à l'immortalité et condamné à un châtiment absurde : rouler un lourd rocher jusqu'au sommet d'une colline ; parvenu en haut de la pente, le rocher la dévale de nouveau, de sorte que Sisyphe doit répéter l'opération éternellement.

Midas

Midas, roi de Phrygie, rend service à un ami de Dionysos et obtient la possibilité d'exaucer un voeu. Réputé pour avoir des oursins dans les poches, Midas demande à pouvoir changer en or tout ce qu'il touche, avant de revenir sur son voeu lorsqu'il se rend compte qu'il ne peut plus ni boire ni manger. Plus tard, il croise Pan* et Apollon qui se disputent la place de meilleur musicien. Midas penche pour Pan. Vexé, le dieu de la musique lui attribue des oreilles d'âne. Il les cachera sous un turban, mais cafardeux finira par se suicider en buvant du sang de boeuf chaud. Beuark !

* Pan est le dieu des bergers et de leurs troupeaux. Surtout connu pour être un obsédé sexuel et sa faculté d'inspirer la panique (tirée de son nom). Il pourchassa (entre autres) la nymphe Syrinx, qui, pour lui échapper, supplia la déesse de la rivière de la transformer en un bouquet de roseaux. Pan fabriqua une flûte avec une tige creuse. La flûte de Pan devint l'instrument des bergers.

Tantale

Fils de Zeus, donc reçu à la table des dieux, Tantale poussa le bouchon un peu loin en répétant des secrets prononcés par ses hôtes et en leur piquant de la bouffe pour la redistribuer aux mortels. Une sorte de Robin des Bois syndicaliste bien attachant. Selon d'autres sources, Tantale aurait servi, sans leur dire, la chair de son propre fils aux dieux. Moins avenant tout à coup... Il fut condamné à la faim et à la soif éternelles. On l'installa dans un bassin, sous un arbre chargé de fruits. Dès qu'il tentait de boire, le bassin se vidait, et s'il cherchait à cueillir un fruit, les branches s'écartaient. C'est le "supplice de Tantale".

Les Danaïdes

Danaos, petit-fils de Poséidon, avait cinquante filles, les Danaïdes, tandis que son frère, Egyptos, avait cinquante fils. Lorsque leur père mourut, ils se déchirèrent ses biens et Egyptos proposa à son frère de marier leurs enfants pour réunir la famille. Mais, Danaos refusa, informé par un oracle qu'Egyptos le tuerait lui et ses filles. Il s'enfuit donc avec elles, mais Egyptos les pourchassa et les Danaïdes furent contraintes d'épouser chacune un fils. Danaos leur remit une épingle à cheveux à toutes, en leur ordonnant d'en frapper mortellement leur époux. Toutes obéirent au paternel, sauf une. Elles furent envoyées aux Enfers après leur mort et condamnées à verser pour l'éternité de l'eau dans un grand récipient au fond percé. C'est le "tonneau des Danaïdes".

Khamaileon

Fils d'un Cyclope, Khamaileon était connu pour sa méchanceté. Son fiel polluait ses semblables. Il s'étranglait avec sa bile, l'acidité de ses mots et sa putride faconde traçaient de profonds sillons sur sa langue. Thémis, la déesse de la justice, eut vent de ce mortel auto-satisfait. Elle avait d'autres chats à fouetter et se débarrassa du dossier en un éclair. L'énergumène fut changé en lézard des murailles, fortement dépendant de la température ambiante et de l'hygrométrie. Ainsi, chaque citoyen put s'amuser en lui pulvérisant quotidiennement de l'eau sur la tronche et les écailles (certains, plus taquins que d'autres, rajoutaient quelques gouttes de vinaigre à l'ail). Sa langue protractile, couverte d'un mucus gluant, ne lui servit plus qu'à ramener dans sa bouche des chenilles, et parfois des guêpes. Après sa mort, Hadès l'utilisa éternellement aux Enfers pour enlever les toiles d'araignée dans les coins. Le seul inconvénient étant qu'il perdait sa queue à chaque utilisation domestique.

Comment ça Khamaileon n'existe pas dans la mythologie grecque ? T'es sûr d'avoir bien cherché ?  

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